PSYCHO

Marie-Claude François-Laugier, Psychologue

parlons cash
Marie-Claude François Laugier analysera vos rapports à l’argent. La peur de réclamer une augmentation, votre côté panier percé difficile à gérer au quotidien… Bref, elle vous aidera à surmonter vos problèmes au quotidien.


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Accro au jeu, comment s'en sortir ?


Question :


J'ai toujours aimé jouer aux jeux de hasard, mais depuis quelques temps je ne peux plus m'empêcher de jouer. Même quand mes fins de mois sont difficiles, il faut quand même que je fasse trois ou quatre grilles, c'est plus fort que moi. Comment faire pour “décrocher” ?


La réponse de Marie-Claude François Laugier :


Jouer, c'est grisant. On s'imagine déjà en train de décrocher le gros lot et de changer de vie. On pourrait enfin s'offrir toutes les choses dont on rêve, sans plus jamais avoir à compter... Oui mais voilà, le rêve se transforme parfois en cauchemar. Dès que vous ne pouvez plus vous empêcher de jouer, c'est que vous êtes devenu “ accro ” et que le désir de miser est devenu plus fort que la raison. Il est vrai que certains jeux, qui rencontrent des millions d'adeptes, sont faciles, accessibles à tous, anonymes et que, pour un investissement minime, ils peuvent rapporter gros. Mais peu à peu, jouer a envahi fréquemment votre pensée, vous imaginez des combinaisons de chiffres gagnants, vous échafaudez des martingales et vous saisissez n'importe quelle occasion de jouer les jours propices, anniversaires, fêtes collectives, tournois sportifs, Noël, vendredi 13... Lorsque votre pulsion de jouer devient la plus forte, vous vous dites que vous ne pouvez laisser échapper la chance à ce moment précis, laquelle vous permettrait soudainement de réaliser vos rêves de fortune et de pouvoir changer de vie, avec la nouvelle puissance apportée pas l'argent du gros lot. Le jeu n'est pas d'emblée une addiction, il a une fonction naturelle de loisir, de plaisir et d'amusement. Il renferme une part d'évasion et de rêve nécessaire, jusqu'à ce qu'il vous coupe de la réalité.

Tout dépend de votre degré d'addiction. Commencez par vous interroger honnêtement à ce sujet :

  • Le jeu est-il devenu une nécessité à laquelle vous ne pouvez résister ?

  • Organisez-vous une partie de votre vie autour de lui ?

  • Lui consacrez-vous des sommes croissantes sans penser à votre entourage ?

  • Vous mettez-vous en danger en jouant à des heures où la chance vous “fait signe” et qui devraient être dédiées à d'autres activités, professionnelles ou familiales ?

Si vous répondez “ oui ” à ces questions, c'est que vous êtes devenu dépendant. Tentez alors de restreindre cette pulsion : consacrez une somme mensuelle modique au jeu, que vous ne dépasserez sous aucun prétexte ; décidez de jouer périodiquement à jour fixe, par exemple une fois par quinzaine, quels que soient la tentation de la chance et l'appel publicitaire à la saisir un autre jour.


Bref, jouez peu et moins souvent, par décision et non par impulsion, et consacrez le temps devenu disponible à des activités qui vous distraient. Si toutefois, vous ne parvenez pas seul à contenir cette envie, vous pourrez vous rendre à des réunions de thérapie comportementale de groupe, telles que celles de SOS Joueurs. Vous y rencontrez d'autres joueurs qui, ayant le même problème, vous aideront à modérer puis supprimer ces impulsions. Et dites-vous toujours que le jeu doit rester un loisir, un plaisir et qu'il ne doit pas entraîner de souffrance ni pour vous, ni pour votre entourage. Sinon, il est temps d'agir !

* SOS Joueurs : 9, rue Jura 75 013 PARIS.
N° Azur® : 0 810 600 115