Les femmes, l'argent et le crédit
Ally McBeal, Alice Nevers, Carrie Bradshaw, Clara Sheller... qu'ont donc en commun toutes ces femmes ? Ces nouvelles héroïnes sont célibataires ! Les femmes célibataires représentent selon le dernier recensement de la population 4,4 millions de personnes en France. Elles sont de plus en plus nombreuses et ont ce statut de plus en plus longtemps.
GE Money Bank Filiale du groupe GE (General Electric) un des leaders mondiaux du financement aux particuliers s'est intéressée à ce phénomène et a souhaité dresser un panorama plus complet des rapports qu'entretiennent aujourd'hui les femmes vivant seules avec l'argent. Fin 2005, GE MONEY BANK a réalisé une étude avec Ipsos auprès de 609 femmes vivant seules et issues d'un échantillon représentatif de la population française*. Cette enquête montre que la réalité est aujourd'hui beaucoup plus contrastée.
Parler d'argent est un tabou en France sauf pour les femmes célibataires
Qui n'a jamais entendu qu'il ne fallait pas parler d'argent ! Un paradoxe pour un élément qui fait partie, voir régit le quotidien. Ce tabou français du 19ème siècle perdure et devient une caractéristique nationale qui fait sourire nos voisins étrangers.
Parler d'argent est une chose que l'on accomplit plus ou moins facilement en fonction de son âge ou de son niveau de vie. 54 % des femmes vivant seules affirment aujourd'hui que c'est pour elles un sujet comme les autres, libre et sans tabou. Mais les différences de génération pondèrent cette affirmation car plus on avance en âge, moins l'argent apparaît comme un sujet libre.
Dans leur très grande majorité, les femmes acceptent de parler de leur niveau de salaire ou de pension de retraite (76%), de leur patrimoine (70%) et dans une moindre mesure de leur niveau d'endettement (62%). Elles ont beau revendiquer une certaine liberté à parler d'argent, l'étude révèle que cela reste un sujet qu'on aborde en famille (parents 16%, frères et sœurs 16%, enfants et petits-enfants 24%) ou avec son banquier (20%). A noter que pour les femmes de 35-44 ans la meilleure copine reste une confidente sûre (14%).
L'argent : dans l'idéal, la liberté... en réalité une source d'angoisse !
Les femmes vivant seules se montrent toujours éprises de liberté et d'autonomie (48%), mais elles subissent de plein fouet les conséquences d'une situation économique de plus en plus difficile. Si le désir d'indépendance et le sentiment d'être « plus » libre que les autres restent très prégnants, 40% d'entre elles expriment aussi de très fortes inquiétudes quant à l'avenir et aux possibilités qu'il leur offre.
Même si argent et liberté restent fortement corrélés pour les femmes vivant seules l'angoisse semble très présente au quotidien. Ainsi 55% des femmes affirment avoir fréquemment ou parfois le sentiment qu'elles auront du mal à finir le mois. Et, 74% des mamans vivant seules avouent éprouver, en plus, de la crainte pour l'avenir de leurs enfants.
Le plus grave, c'est que dans le même temps, 6 femmes sur 10 vivant seules ont le sentiment de tout faire pour bien gérer leur budget. Les problèmes financiers rencontrés relèvent donc pour la grande majorité d'entre elles, d'abord et avant tout d'un manque de moyens. Bien qu'elles aient le sentiment de faire les choses comme il le faut.
Cette angoisse ne remet pas en cause leur sentiment de liberté. 75% d'entre elles se sentent plus libres que les femmes vivant en couple pour gérer comme elles le souhaitent leur dépense au quotidien. En revanche, pour le reste, les femmes vivant seules considèrent leur situation financière comme un peu moins intéressante que celle des femmes en couple.
Lorsque l'on vit seule et sans une « mauvaise conscience » masculine à la maison qui vous reproche vos dépenses, est-ce qu'on se sent plus capable de flamber et de dépenser tout à coup de très fortes sommes d'argent en vêtements et en loisirs ? Non. 67% affirment même massivement être plus économes et attentives que les autres à ce que leur argent ne soit pas gaspillé. Parmi elles, 36% considèrent même être beaucoup plus économes que les femmes vivant en couple !
L'avenir des femmes est financièrement incertain
Contrairement aux femmes vivant en couple, les femmes seules ont une source d'angoisse financière supplémentaire face aux aléas de la vie.
En cas de coup dur, 69% des femmes affirment que la famille serait leur principale source d'aide potentielle. Le banquier arrive juste derrière (citée par 68% des interviewées). Enfin, les amis apparaissent comme les derniers à pouvoir apporter une aide financière substantielle (cités par seulement 38%).
Alors si la plupart d'entres elles ne peuvent pas compter sur une aide extérieure, ont-elles les moyens de s'en sortir par elles-mêmes ? Rien n'est mois sûr...
Si elles étaient amenées à faire face à une dépense soudaine, 33% des femmes vivant seules déclarent avoir moins de 750 € d'économie ou, dans une moindre mesure, entre 750€ et 3000€ (26%). Seule une minorité pourrait disposer de sommes plus importantes. Ceci laisse apparaître que la plupart de ces femmes n'arrive pas à avoir un niveau d'épargne très important et ne dispose donc pas d'une réserve de sécurité conséquente en cas de coup dur ou de dépense imprévue.
En panne de rêve
Devant leur situation financière délicate, il est difficile pour ces femmes de se projeter dans l'avenir. En effet, 47% des femmes vivant seules affirment être « en panne » de rêves et 29% d'entre elles avouent qu'elles ont des rêves mais difficilement réalisables. Au vu des résultats, l'image de la femme vivant seule et réussissant coûte que coûte à aller jusqu'au bout de ses ambitions semble quelque peu se déliter. Seules les plus jeunes se montrent majoritairement optimistes en pensant qu'elles réussiront à réaliser un jour leur rêve. La tranche intermédiaire des 35-59 ans se montre plus dubitative : 41% d'entre elles estiment qu'il leur sera difficile de réussir à les réaliser et 33% n'ont même plus de rêve en particulier.
Les femmes vivant seules pensent avoir moins de moyens pour se projeter dans l'avenir. La majorité d'entre elles en retire d'ailleurs une réelle insatisfaction. Lorsqu'elles sont amenées à décrire leur situation personnelle, elles avouent massivement avoir une forte envie de dépenser (64%) tout en précisant qu'elles n'en n'ont pas les moyens (72%).
Et les crédits dans tout ça ?
Même si aujourd'hui, le marketing s'est emparé du phénomène « célibataires », les femmes pensent que la société n'est pas adaptée à leurs besoins. L'étude montre que sur certains domaines, leurs attentes en terme de consommation ne trouvent pas de réponses adéquates.
Ainsi, elles ont le sentiment que le crédit est un produit qui, tel qu'il est aujourd'hui, ne les prend pas véritablement en compte. Elles insistent sur le fait qu'obtenir un crédit est beaucoup plus difficile pour une femme seule (70% dont 41% sont même tout à fait d'accord avec cette affirmation). Paradoxalement, obtenir un crédit est une chose essentielle car elles ont souvent moins de moyens que les autres.
Malgré tout, 40% d'entre elles disent avoir eu recours à un crédit au cours de ces 5 dernières années et 22% d'entre elles envisagent d'en prendre un dans les 12 prochains mois. Si demain elles devaient prendre un crédit, dans l'idéal, ce serait d'abord et avant toute chose pour investir dans un logement (39%). Les autres projets à financer seraient en deuxième position la santé–beauté (18%) puis l'achat d'une voiture (15%), un voyage (13%) et enfin, l'habillement et les loisirs qui ne recueillent que 4 et 2%.
Loin de l'image d'Épinal de la femme « célibattante » des années 80, cette étude révèle que les femmes vivant seules aujourd'hui bénéficient d'une liberté fictive et que la société telle qu'elle est organisée ne leur offre pas vraiment les moyens d'être aussi autonomes qu'elles le souhaitent.
Pour consulter les résultats de l'étude en ligne, cliquez ici